lundi 6 janvier 2014

Bonne année 2014 à tous! ...et merci Picasso

J'aime beaucoup la cité de la céramique à Sèvres. Etablissement créé au XVIII, le batiment  regroupe à la fois un musée avec des céramiques de tous les temps et de tous les pays et des ateliers qui continuent de produire des ceramiques d'une qualité toujours incroyable tout en renouvelant son repertoire. Des artistes sont régulièrement invités pour proposer des oeuvres en céramique .

 Je m'y rends donc régulièrement et profite des 1er dimanche de chaque mois pour visiter les nouvelles expositions. Je ne pouvais clairement ne pas manquer la dernière exposition en date "Picasso céramiste et la méditerranée" en place depuis novembre 2013. Même Telerama a publié  cette semaine un article élogieux sur l'exposition en lui déscernant les "3 T".


Arrivée avec mon jeune fils en fin de matinée, nous sommes répartis du musée 1h30 après, tous les 2 enchantés.  Quoique l'on puise penser de son œuvre, Picasso est clairement un génie. La 1 ère salle présente un petit film très instructif, un témoignage de sa dernière compagne Françoise Gillot m'a frappé. En substance elle disait qu'elle n'avait jamais vu aussi nettement la puissance créatrice de Picasso qu'au travers son travail sur la terre et regrette que l'a on ait pas un témoignage visuel de ces moments...
Les salles suivantes en apportent la preuve. Picasso arrive a partir de formes usuelles à faire jaillir avec un minimum de moyens des œuvres joyeuses et incroyablement inspirées ...
Nous ne pouvons être qu'admiratif devant cette Tanagra ci dessous dont la silhouette a du être créé,  on imagine par des pressions rapides et précises sur un vase ou une bouteille qui venait d'être tournée.

Tanagra blanche [1948) Terre cuite blanche, tournée et modelée. éléments appliqués.
Décor peint à l’engobe noir sur fond blanc mat H. 47 ; L. 11 ; D. base 9 cm (FP)
Pièce uniqueCollection particulière © Succession Picasso 2013Crédit photo : Maurice Aeschimann

Au final on ressort de cette exposition heureux. Mon fils nous parlait encore au déjeuner des canards pique-fleurs de 1951, le sourire aux lèvres .


Cette visite en tout cas confirme, pour ceux qui en doutait encore,  la dimension artistique de la céramique même si il faut le reconnaître nos céramiques qui ne rentrent pas dans la définition de céramiques d'artiste n'ont  pas toujours cette force.

Je rebondis également sur une partie de la visite  en lien avec le sujet abordé lors de mon dernier billet concernant les moules, les marquages et par conséquent les contrefaçons. En effet l'exposition consacre une salle entière, ce qui n'est pas fréquent, aux moules en plâtre de l'atelier Madoura qui ont permis, si je comprends bien, d'éditer 600 créations originales sur les 4000 oeuvres en terre réalisées par Picasso.

Les pièces, éditées de façon exclusive par l'atelier Madoura dans le cadre d'un contrat officialisant les choses en 1967, sont réalisées de 2 manières, soit l'artisan faisait une réplique authentique d'un original soit l'atelier utilisait un moule en plâtre pour des tirages plus important selon le principe du transfert d’un sujet original gravé par l’artiste sur une matrice en plâtre servant à estamper la terre (quid du sujet original et de la taille de la pièce reproduite?).
Chaque pièce est reproduite en un nombre fixé par l'artiste entre 22 et 500 exemplaires. Le tirage maximum autorisé et le numéro du tirage sont gravés au dos de chaque objet. On retrouve également les tampons en creux de l'atelier Madoura et "Edition Picasso". Alain Ramié a inventorié l'oeuvre céramique éditée entre 1947-1971 dans l'atelier Madoura dans un catalogue publié par Madoura en 1988.

  

A si seulement la fabrique de Rambervillers possédait un tel cadre, nous aurions certainement une bien meilleur connaissance de la production. En contrepartie des individus mal attentionnés cherchant à contre faire des céramique existantes seraient peut être encore plus motiviés et cela même si le succès est loin d'être assuré.
Je renvois au site Ceramique 50 qui évoque avec brio des réproductions grossières de céramiques de Picasso non autorisées et qui pourtant continuent de tromper celui qui croit faire une bonne affaire.

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