vendredi 15 mai 2015

Une Ceramique d'artiste! du couple Anasse ?


Il a toujours existé un débat dans le domaine de la céramique entre ce qui relevait exclusivement de l'art et de l'utilitaire. A quel moment un vase, un bol, un pichet ou une assiette devient il une oeuvre d'art...
J'ai trouvé jeudi dernier un tableau, une véritable oeuvre d´art étonnante sur une céramique et plus précisément sur une assiette.


 
A la qualité de la matière viennent s'ajouter ici la maîtrise des couleurs, des émaux et du feu. La représentation est abstraite mais elle laisse libre cours à l'imagination. La mienne survole un paysage traversé par une rivière bleutée reflétant de temps en temps le vert de la végétation.
Et enfin quel plaisir de tenir une céramique. La troisième dimension est merveilleuse. Quel collectionneur n'a pas ressenti du plaisir en tenant l'objet convoité dans ses mains? De ce point de vue un tableau peu paraître bien triste. Personnellement pour cette assiette, je ressens presque  sous les doigts les couleurs et  les reliefs du paysage.
 
 
Cette petite merveille est l'œuvre d'un bel artiste sans aucun doute. Le couple Anasse pourrait en être à l'origine.  Avis aux spécialistes...dans les signatures manuscrites sous émail  que j'ai eu l'occasion d'observer les 2 S finaux s'entremêlent et se réduisent parfois à 2 simples traits.

 

Le partage des émotions est une véritable alchimie. Pour cette acquisition  j'étais accompagné par ma famille qui cette fois ci encore ne comprenait pas cet achat. Dans l'instant mon plaisir n'était pas complet. L'art au même titre que les connaissances n'existent-t-ils pas pour l'individu qui les possède qu'une fois partagée...
 

vendredi 17 avril 2015

Le "lavabo" de Rambervillers

Il m'est arrivée la semaine dernière une chose relativement rare. En effet en tant que collectionneur historique de grès de Rambervillers, je dois avouer que je suis aujourd'hui assez regardant et sélectif dans les nouvelles acquisitions de la manufacture. Je recherche les pièces rares, anciennes et inspirées.

 Quand mes obligations professionnelles me laissent le temps , il m'arrive de me rendre à Drouot à l'heure du déjeuner et avec un sandwich je parcours les salles d'exposition à la recherche des objets qui me plaisent.

Or vendredi dernier je suis tombé devant un objet en céramique incroyable, un lavabo en grès émaillé art nouveau, surmonté d'un miroir baroque,  provenant de la célèbre manufacture de Rambervillers sans aucun doute.



Le lavabo est lourd, de taille relativement grande( H: 58 cm, L: 90 cm, P: 48 cm), en forme de fleur et possède tel que décrit 2 robinets en cuivre et plaques émaillées "chaud" / "froid".





Après quelques recherches dans la documentation et des contacts avec les collectionneurs il s'avèrent que ce type d'objet ne serait effectivement pas répertorié dans les catalogues de vente connus de l'époque à notre disposition . Personnellement  l'émaillage typique et unique ne fait pour moi aucun doute sur la provenance.

Au final malgré quelques difficultés de communication avec une étude relativement désagréable, je suis devenu l'heureux propriétaire de cet objet insolite, véritable témoin là encore de la richesse, de l'inspiration et de la diversité de la production de Rambervillers.

 
PS Dernière anecdote pouvant servir; alors que l'objet était impeccable j'ai eu la maladresse lors du dernier déplacement de l'objet spécialement lourd de le cogner sur un montant de porte ayant pour résultat  un éclat d'émail de quelques  centimètres. Même si globalement cela n'est pas visible et n'enlève rien à l'apparence et l'intérêt de l'objet, je dois avouer que je suis encore aujourd'hui remonter contre moi-même. Je ne peux qu'encourager chacun de nous à accorder le plus d'attention possible lors du transport de nos chères céramiques.

mercredi 18 mars 2015

Une fleur de Gilbert Valentin pour Louise

Ma jeune fille s'appelle Louise et elle a eu le "plaisir" de recevoir pour sa fête dimanche 15 mars une "fleur" achetée aux puces de Vanves.
 
 
Je dois avouer que j'ai hésité, le côté un peu kitch de cette plaque n'a en effet pas fait l'unanimité dans la famille. Il a fallu argumenter  pour au final que chacun reconnaisse une certaine valeur à cette création tout à fait originale.

 

La plaque de grande taille (40cmx82cm) est un véritable tableau, les carreaux montés sur un panneau isorel représentent une fleur "de tournesol" stylisée. Le travail est typique de l'atelier des Archanges, fondé par le talentueux Gilbert Valentin et son épouse Lilette. Le dessin est précis, l'émaillage de couleur vive totalement maitrisé est mis en valeur de façon très étonnante sur un fond noir.

La plaque est marquée en creux dans l'émail (G.Valentin Vallauris) et possède au dos une inscription manuscrite avec un système d'attache d'époque et efficace .



J'ai pu apprendre sur le site de P.Marziano  que la célèbre galerie atelier de Gilbert Valentin localisée à Vallauris et tenue par sa fille avait été détruite en novembre 2012.
 
Je trouve regrettable et révoltant la destruction pure et simple des anciennes manufactures, ateliers galeries ayant eu un passé glorieux dans l'histoire de la céramique.
 
A quand une liste des lieux remarquables à sauver pour mobiliser les passionnés de céramique. Je suis convaincu que des intiatives collectives ou même individuelles pourraient maintenir ces témoignages faisant  partie aujourd'hui du patrimoine de l'art décoratif français.
 
 La manufacture de Rambervillers avec ses anciens moules, par exemple, a été achetée par un antiquaire en 1974 et est aujourd'hui occupée par sa petite fille Julie Bernaudin, une ceramiste pleine de talent utilisant et renouvelant l'histoire de la céramique à Rambervillers.
 
Pour finir ce billet et à la demande de ma fille je  propose un échange de la  pièce unique présentée  ci-dessus contre une céramique peut être plus conventionnelle...

dimanche 25 janvier 2015

Dans la famille Chaumeil...je demande Henri

Les puces de Saint-Ouen restent une véritable caverne d'Ali Baba. Dimanche dernier ayant 2-3 heures devant moi, j'ai décidé d'arpenter le plus grand marché d'antiquité du monde.

Il y a parmi les 2500 stands, des passages obligés pour tout amateur de céramique. Je conseil dans le marché Biron par exemple un arrêt dans les  galeries i) 101, Aux trésors perdus de Paola Lumbroso, ii) 133 de Jean-François Manières, iii) 78 d'Alexis Mostini et iv) 93 d'Alain Cical.
 
Mais avant d'aller admirer ces trésors, je pars sillonner un marché  à la recherche de l'objet qui va me plaire. Il s'agit bien sûr la plupart du temps de céramiques. Je fouille et j'interpelle  les marchands sur l'histoire des objets souvent relégués au fond des stands et  des vitrines.
Dans un stand un peu à l'écart des marchés habituels, j'ai découvert posé sur une table basse derrière un canapé et servant de range papier une vase cornet incroyable... un coup de cœur;
 

Avec ses 28 cm de haut et 30 cm de diamètre, la forme évasée a toutes les qualités pour mettre en valeur des émaux de toutes beautés; L'extérieur présente un fond bleu jaspé d'orange, totalement onirique;



 
L'intérieur est tout aussi étonnant, on dirait la peau d'un vieil éléphant;


Cette céramique trone aujourd'hui sur ma bibiotheque et me réjouit à chaque fois que je la regarde. Je savoure la chance que j'ai eu de la trouver et je remercie bien sûr son créateur; le céramiste Henri Chaumeil.
 
Que sait-on sur Henri Chaumeil (1877-1944)? J'ai pu pioché sur internet un peu d'informations.  Né dans une famille de céramiste, son père Aristide ou Alcide Chaumeil ( ?) est l'inventeur sur faïence du décor "héraldique" qui sera  rapidement reproduit à Desvres et Boulogne-sur-Mer. Un ouvrage de Millicent S.Mali  semble évoquer cette période. Le fils de Henri, Paul Chaumeil (1902-1984) poursuivra la tradition familiale et produira des faïences dotées d'émail qui imitait quelque peu les couvertes de grès.
Henri Chaumeil à côté des copies  Veuve Perrin , Rouen ... a produit des grès de style art déco qui sont les  créations qui m'intéressent aujourd'hui particulièrement.
Il aurait suivi les cours de l'École des Arts Décoratifs, exposé juste avant 1914 au Salon des Artistes Indépendants et participé au Salon d'Automne et au Salon des Artistes Décorateurs.
 
Le livre, très intéressant, "Les craquelés art deco" de AR Tardy et B.Chardy évoque Henri Chaumeil. Il  serait  l'inventeur de l'émail "tiqueté (similaire au crispé) présenté au salon des artisites décorateurs de 1933. Il est défini également comme un "praticien", individu polyvalent qui assurent les différents stade de la production (création, fabrication et commercialisation) ce qui le différencie en 1925 des ateliers qui affectent une tache à chaque spécialiste.

Je comprends que H.Chaumeil comme G.Jaegle et F. Bichoff sont des céramistes avec une production confidentielle contrairement à un atelier.  En tout cas même si ils sont considérés comme des céramistes mineurs,  j'apprécie de plus en plus leurs créations ... à bon entendeur salut!


PS Le premier plan de la photo du début est un clin d'œil, il ne s'agit pas d'une fève   mais d'une petite chouette de Jacky Coville pleine de malice, dénichée le même jour.
 
 

samedi 10 janvier 2015

Rivier, Derel et Charlie

J'ai depuis toujours un faible pour les décors très graphiques des céramiques de Jean (Claudie) Rivier et Juliette Derel.


Le vase que je possède, signé uniquement Jean Rivier, est rythmé par ce que j'identifie comme des personnages représentés de façon très schématique.


On pourrait y trouver un lien de  parenté avec certaines représentations humaines de Wilfredo Lam encore plus simplifiée.


Le blog incontournable de P.Marziano sur la céramique 50, m'a permis de mieux connaître et d'apprécier cette production.
 J'ai pu déduire que mon vase était émaillé simplement par "un trempé sur engobe".  Il est recouvert   d'argile très diluée colorée en blanc et appliqué sur la  céramique avant cuisson pour modifier sa couleur naturelle. Il y a quelques points d'émail de couleur qui rehaussent les personnages pour les mettre en relief sur le fameux fond blanc.
La forme et l' émail marron du col sont également je trouve du plus bel effet.
 
Jean Rivier possède également un blog passionnant sur sa vie et son œuvre très marquée par la gravure .

Rendez-vous demain au rassemblement républicain... on ne peut pas accepter que des êtres humains donnent la mort pour imposer leur vision du monde.



mardi 9 décembre 2014

Odyv

Je possède depuis maintenant plusieurs années un vase  avec des inscriptions en reliefs. On peut lire de façon très nette Odyv et un numéro 545, identifiant de toute évidence le modèle.
 


 
A l'époque j'ai acheté ce vase parce qu'il me plaisait sans en connaître l'origine. Le prix était également très raisonnable. La céramique est belle, sa forme est généreuse rythmée par des reliefs et un émaillage très réussi.

Depuis son achat elle est restée dans ma bibliothèque ce qui est plutôt bon signe car comme beaucoup de collectionneur, je ne peux pas exposer  toutes les céramiques que j'achète et suis obligé d'en stocker ...

Or récemment j'ai trouvé sur internet par hasard une céramique qui possédait le même émaillage  mais d'une forme différente . A réception du vase  j'ai pu m'apercevoir qu'il était de la même qualité. il y avait la même marque et  un numéro 551. Je n'avais dorénavant plus le choix et me devais d'en savoir un peu plus sur cette mystérieuse manufacture .

Internet est un outil vraiment magnifique, après quelques clics, j'ai commandé un ouvrage sur la manufacture Art déco Berlot-Musier de Vierzon   Le temps d'Odyv 1927-1940 édité par le musée Charles VII lors d'une exposition  organisée en 2006 autour d'une collection de pendule.



Le catalogue contient 96 pages bien documentées avec de belles illustrations. Les auteurs mènent une véritable enquête pour reconstituer l'histoire de cette production oubliée , contemporaine et voisine des grès de Lourioux à Foecy ou de Denert et Balichon (Denbac) à Vierzon.

Berlot-Musier est une petite manufacture Berrichone (40-60 employés au maximum). Créée en 1927 elle produira des céramiques jusque dans les années 1970, avec une période faste entre 1930 et 1940. Odyv est l'estampille de la manufacture et correspond (comme pour Denbac) à la contraction de 2 prénoms ODette la fille de Mussier et YVonne la sœur de Berlot.

Les vases ne sont malheureusement pas abordés en détail ce que regrette l'auteur dans sa conclusion et laisse en même temps ouvert un champs d'exploration. Nous apprenons quand même qu'il y aurait au moins 330 modèles, numérotés de 201 à 604 avec une qualité qui varie selon les époques et la technique et un émaillage varié; craquelé, crispé, de couleur et certain rehaussé d'or ou de platine.

Maintenant que je connais un peu mieux l' histoire de la manufacture, je dois avouer que l'intérêt pour ces 2 céramiques s'est encore accru.
Quoiqu'il en soit au final, j'ai 2 vases qui forment un bel ensemble, en plus très adapté en cette période de fin d'année pour mettre en valeur les décorations de Noel... 

2 vases Odyv; H 23cm et H 17cm D 21cm

 

lundi 3 novembre 2014

Keramos, des céramiques à redécouvrir

Même si les céramiques produites en Ile de France  n'ont pas forcément au premier abord l'aura ou la cohérence des créations régionales provenant de Vallauris ou de la Borne par exemple , elles restent au final je suis persuadé très importantes, variées, divers et souvent de grandes qualités.
 
Je possède bien sûr de la documentation sur la manufacture de Sèvres et des monographies sur des céramistes "parisiens" célèbres (Jouve, Chambost, Ruelland, Del Pierre, Lanel, Chapelet...) même si  là encore on insiste souvent sur leurs origines, leurs formations et leurs expériences  régionales.
 
 Au delà de ces grands créateurs , je suis très attentif aux productions de céramistes (Jaegle, Bishoff..) et d'ateliers (Keramos...) de la région parisienne peu connues aujourd'hui et donc encore accessibles.
 
Pour exemple je veux prendre mon dernier achat concernant un vase de Keramos que je trouve remarquable à plusieurs point de vue.
La qualité de la fabrication est indéniable,  la forme est moderne et l'émaillage à peau de serpent est une vraie réussite.
 
 
 
L'information que j'ai trouvé sur Keramos provient de l'ouvrage "Sevres Boulogne-Billancourt la céramique indépendante", il s'agissait d'une petite entreprise qui a fonctionné dans les années 50 avec 6 à 8 employés et qui s'est installée à Sèvres.
Il est évident que la qualité de la production de Keramos, n'est pas comparable à celle de la manufacture de Sèvres, il n'en reste pas moins que certaines créations sont je trouve très inspirées.
 
En tout cas n'hésitez pas  à me proposer ou à me faire part des céramiques dignes d'intérêt dont l'origine pourrait encore être à découvrir...