samedi 23 mars 2013

Chouette...un coup de coeur

J'ai profité hier de l'heure du déjeuner pour retourner comme prévu à Chatou. Mon temps était très limité, j'avais décidé de remonter 1 allée en me donnant le temps de fouiner chaque stand. Et c'est au fond d'une vitrine, invisible si on ne faisait pas l'effort de plier ses jambes,  que j'ai découvert un hibou (se distingue de la chouette par la présence d'aigrettes sur la tête) qui me regardait avec des grands yeux un peu triste cherchant vraisemblablement  une personne qui était prête à s'occuper d'elle.
 
Je n'ai pas hésité longtemps, la céramique était très expressive, dense, avec un emaillage très maitrisé et dans un état impeccable.
Le marchand ne connaissait pas le céramiste . Après une brève négociation, l'animal était bien emballé dans mon sac prêt à faire un bout de chemin avec moi.
 
Hibou de O. Pettit
L24cm x H 20cm
 
La maufacture de Rambervillers s'est également adonnée à la représentation des strigidés dans des styles très différents. Nous retrouvons un grand hibou prévu pour être monté en pied de lampe électrique et une petite chouette proposée par Geno .
 

Hibou   (fig 296, H 480mm)           Chouette de Geno  (fig 526, 125mm)
 

 La représentation de l’animal  évolue avec le temps, elle se simplifie. Cette stylisation se retrouve dans l’art en générale et traduit la recherche des artistes de tout temps  à trouver de nouvelles formes d’expressions.
Cet exercice me fait forcément penser au travail de Picasso qui a su exploiter à merveille la céramique pour réaliser des représentations d'hibou d'une modernité révolutionnaire.
 
 
 
Je ne peux pas m’empecher également de faire référence aux chouettes des époux Anasse que j’ai découvert sur un site (Céramique 50) que je recommande très chaleureusement et qui a permis de me faire apprécier la céramique 50 tout en étant une source d'inspiration inépuisable pour la réalisation de ce blog.
 
 "Michel ANASSE Sculptures & Céramiques Pièces uniques 1960-1970", galerie Thomas FRITSCH (Paris, 20 mai - 25 juin 2011).
 
 

mardi 19 mars 2013

Chatou.. sous la pluie...

De retour de vacances samedi dernier, passées dans le Jura, je suis allé avec ma famille faire un tour à la foire nationale à la brocante et aux jambons sur l'ile de Chatou.


Malheureusement notre visite a été très vite écourtée compte tenu des giboullées qui ont innondé une bonne partie de la foire et qui ont conduit les exposants à bacher leur stand.

Je me suis promis d'y retourner avant la fin de la foire et de faire un point sur mes trouvailles dans un prochain billet .

Je conseille en tout cas à tout amateur de céramique de profiter de ce déballage de près de 800 marchands venant de toute la France. Il serait vraiment surprenant que vous y repartiez sans avoir soit pu partager votre passion avec des marchands connaisseurs , soit acheter  une belle céramique ...


vendredi 8 mars 2013

Monographie de Gruber et les 9 modèles

Je viens de finir la passionnante monographie de Gruber qui a été éditée à l'occasion de l'exposition "Jacques Gruber et l'Art nouveau. Un parcours decoratif" organisée par la ville de Nancy du 16 septembre 2011 au 22 janvier 2012.


L'ouvrage est richement illustré, 100 pages sur les 230 présentent les photos des objets exposés; des illustrations, du mobilier, des reliures, de la verrerie, de la céramique et des vitraux. Jacques Gruber est connu avant tout en tant que maître verrier.  Mais on découvre à travers son parcours la diversité, la vitalité et la maitrise d'un artiste qui incarne avec beaucoup de justesse un mouvement passionnant en totale rupture avec ce qui avait été fait jusqu'alors.

Je ne peux maintenant pas m'empêcher  d'évoquer plus précisement la production de céramique de Gruber et son lien avec la SAPCR. Cette partie fait l'objet de 10 pages manuscrites et 8 pages d'illustrations reprenant une quinzaine de céramiques.
Nous apprenons plusieurs choses;

-Gruber participe au lancement des grès artisitques de Rambervillers, 7 céramiques conçues par Gruber sont exposées en 1904 lors de la 2ème exposition organisée salle Poirel pour la SAPCR. (Rappelons que la SAPCR commence sa véritable production artistique après sa 1ere participation à une exposition artistique du 25-octobre au 6-décembre 1903 organisée à Nancy, salle Poirel, par la Société Lorraine des Amis des Arts).

La carte postale existante du stand de Cytère permet d'identifier je trouve clairement  i) le vase fougère (ref 10), ii) porte parapluie fougère (ref 75), iii) pendule églantine (ref 149 ), iv) pied de lampe algues (ref 142), v) balustre (ref 81). Il resterait 2 pièces à identifier, je lance un appel aux bons yeux.


- C'est avec la SAPCR que Gruber aborde la production de la céramique pour la première fois. Majorelle présente 11 pièces en 1904 avec la SAPCR mais il a déjà édité précédemment des modèles chez Keller et Guerin et les frères Mougin.

- Gruber propose seulement des modèles à éditer comme Ernest Bussière et contrairement aux frères mougins par exemple qui modèlent et éditent.

-Le production artistique de ceramique de Gruber est très limitée dans le temps elle commence en 1904 et se finit en 1905 période ou il décide de se recentrer sur le vitrail.

-Gruber propose en tout 9 modèles qui sont tous signés. Le répertoire est presque exclusivement végétal excepté pour la lampe électrique. La fougère semble être une plante de prédilection.



-Sur les 9 modèles repris dans les catalogues de 1905 et 1906, seulement 4 subsistent au catalogue de 1920 (ref 9,10, 103 et 108) mais barrées au tampon de la mention épuisée et plus aucune dans l'édition de 1931.

- Gruber conçoit égalment des éléments d'architecture (balustre, carreaux...). Nous détaillerons dans un prochain billet cet aspect dans la production de SAPCR.

Après l'engouement en vente publique pour le vase fougère de Gruber (ref 10) dans la vente d'Enghien du 27/01/2013 (adjudication 4380 euros), Tajan a proposé dans sa vente art-deco du 26/02/2013 un vase sur le même modèle.  Le lot 56 n'a pas trouvé preneur sur une estimation de 1500-2000 euros. Notons que l'exemplaire comportait des défauts. Est ce la raison de ce désintéret? Pour information il est possible d'acheter le lot en "after sale" à l'estimation basse...à bon entendeur, salut!


dimanche 3 mars 2013

Eileen Gray, l'art du laque

Pendant que les enfants goûtent aux joies de la neige, nous avons profité du week end  pour visiter l'exposition Eileen Gray (1878-1976) qui a lieu en ce moment à Beaubourg.
J'ai découvert une artiste... loin du monde de la céramique.
Décoratrice, architecte, peintre, laqueur, créatrice de mobilier, de tapis...Eileen Gray arrive à rompre avec les mouvements de son époque en trouvant un nouveau langage à travers des créations originales et très sensibles.



Tout le monde connaît le fauteuil Bibendum, le fauteuil transat ou la table en verre ajustable qui sont repris sur la photo ci-dessus.
Mais Eileen Gray c'est beaucoup plus que cela, l'exposition retrace un parcours passionnant autour en grande partie de ses projets architecturaux (La villa E 1027, Tempe a Pailla et Lou Perou)  dont le mobilier tient une place très importante.
Le début de son parcours m' a beacoup interessé, elle apprend dans sa jeunesse l'art du laque, elle ouvre en 1922 la galerie Jean Désert où elle va vendre pendant une dizaine d'année des pièces uniques; du mobilier, des tapis, des objets de décoration... 
 Eileen Gray est à l'origine des plus grands chef d'oeuvres en laque du 20 ème siècle en occident.
J'ai retrouvé dans les objets laqués des similitudes avec la céramique ou la dinanderie. La laque est une résine qui s'applique à l'origine sur du bois et qui en séchant forme un revêtement solide protecteur. La laque peut être ensuite sculptée et décorée par incorporation de pigments ou de poudre d'or et ou d'argent.
L'exposition présente des panneaux, des paravents et des objets en laque d'une grande beauté... ils s'en dégagent une très grande maîtrise, finesse et préciosité.

Coupe en laque noire avec des incrustations d’or.
Provenance Galerie Vallois




dimanche 24 février 2013

Le nouvel an chinois...Claudin et le dragon

La date du nouvel an chinois correspond au 1er jour d'une nouvelle lune entre le 21-janvier et 20 février. Chaque année chinoise est associée à un des douze signes du zodiaque chinois.
Le signe du dragon est remplacé à partir du 10 février  2013 par le serpent...mais en attendant de le retrouver en 2024 il restera présent sur les céramiques de Rambervillers.

Le dragon a bien sûr inspiré la SAPCR (Société Anonyme des Produits Céramiques de Rambervillers). Francine Bertrand dans son ouvrage est élogieuse quand elle évoque le vase chimère.
Fig 56. Chimère, par Claudin
Hauteur : 330 mm  Prix 25 frf
 Elle parle d'un artiste qui a su utiliser avec intelligence la force  de ce motif ornemental en créant un accord parfait entre le sujet  et la matière...Ils se mèlent dans un élan esthétique et narratif très réussi, illustrant la richesse et la qualité des rapprochements entre la céramique extrème-orientale et la céramique art nouveau européenne.
Le symbole du dragon est utilisé depuis l'antiquité. Il fait partie du mythe fondateur de la civilisation chinoise, il représente le pouvoir. Sa morphologie varie selon les sources et les époques. Il emprunte des parties de différents animaux. Dans le cas du vase de Claudin nous retrouvons une tête de chameau, des yeux de démon, des bois de bovidés, un cou de serpent, des pates de tigres qui se termient par des griffes de vautour ...retournons voir la couverture du lotus bleu pour en avoir un autre aperçu également très évocateur.
 Pierre Roger Claudin, artiste que nous avons évoqués le 25 novembre 2012, a proposé à SAPCR, 2 modèles de céramique représentant le dragon grimpant sur le col en tordant son corps dans une spirale vigoureuse. Un brule parfum a également été créé en s'inspirant du dragon, la fonction de l'objet là encore s'adapte de façon pertinente au sujet, à l'animal cracheur de feu.



Fig 56, 23, 243; Hauteur 330mm,210mm,120mm


Pour information un vase chimère Fig 56 a été vendu récemment 800 euros lors d'une vente organisée par Anticthermal à Nancy le samedi 16 février 2013.

lundi 11 février 2013

Les fantassins

Si comme moi vous parcourez régulièrement un site de vente aux enchères bien connu, vous n'avez pas pu passer à côté du fantassin rampant portant l'uniforme de l'infanterie tel qu'il était à l'ouverture des hostilités en août-1914 presque identique à celui de 1870.

Fig 424, 1er modèle
Longueur 250 mm

Toutes les informations que je reprends dans ce billet sont issus de l'excellente anlayse sur les fantassins réalisée par  Louis S.

Je trouve que cette pièce  est très intéressante à plusieurs titres;

-Le fantassin est d'un grand réalisme on imagine très bien le soldats en train de ramper pour gagner quelques mètres au péril de sa vie la peur au ventre.

-La fabrique montre là encore sa capacité à faire créer des modèles en tenant compte des événements de son temps.

-L'édition d'un 2ème modèle non repertorié dans les catalogues de vente, reprenant le fantassin dans la même position avec le nouvel uniforme de l'armée française est surprenante. La mention épuisée ajoutée sur le catalogue de vente de 1920 pour le fantassin 1er modèle indique t il un succès important? une volonté de remplacer le 1er modèle par le 2ème modèle?
Fig 424, 2eme modèle
- La pièce comporte la marque du créateur qui n'est pas reprise dans le catalogue de vente. Le nom semble être "E. Le Broc" mais nous n'avons aucune information sur cet artiste ... jusqu'à maintenant.

Pour information la céramique avec un fel important a été adjugée 310 euros.

mercredi 6 février 2013

Le fils de Poséidon a temporairement remplacé l'esprit de Rambervillers...

Je suis allé ce we cherché le lot qui m'avait été adjugé dans la vente dont je vous ai parlé lors de mon dernier billet.. Non ce n'est pas le vase fougères de Gruber... ce n'est même pas une céramique de Rambervillers.
Gruber était ce weed-end "inaccessible" avec mes moyens, le vase fut adjugée 4379 euros incluant une commission d'achat de 25,116%.
Mais j'avais repéré un groupe en grès typique art déco d'inspiration mythologique. Triton, fils de poséidon  est représenté en train de souffler dans sa conque. Il est accompagné d'une néréide les yeux fermées, apaisée par le son de la conque, comme les flots qu'il a l'habitude de commander.



La pièce possédait une marque , non signalée dans le catalogue qui me rappelait vaguement quelque chose. J'avais pu rapidement mettre un nom, le M et G m'ont fortement aidé mais je n'étais pas sûr à 100%.



J'ai très vite eu la confirmation qu'il s'agissait effectivement d'une céramique de Maurice Gensoli (1892-1974).
Cette acquisition faite à bon prix illustre l'intérêt de la lecture. Tout collectionneur se doit  en effet d'en savoir le plus possible sur ce qu'il collectionne. Il dispose de nombreuses occasions pour apprendre mais le lecture reste le meilleur moyen pour acquérir des connaissances.
 Au delà du plaisir, ces lectures associées à une bonne mémoire photographique sont les ingrédients indispensables pour établir une collection dans les meilleurs conditions.
Maintenant le domaine de la céramique est si vaste, il est indispensable de focaliser son intérêt et de garder un fil conducteur à sa collection...dans ces conditions est il vraiment cohérent de garder cette céramique de Gensoli quelque soit l'interêt et le plaisir qu'elle me procure?